Les gens du coin le savent bien : quand la tramontane s'en mêle, mieux vaut rester au café du port si l'on tient à son confort. Nous saisissons au contraire l'occasion d'un test musclé pour le V-620, équipé en l'occurrence d'un Verado 150 ch, proche de la puissance maxi autorisée (160 ch). Contact et sortie immédiate ! Dehors, le clapot est dur, même près de la terre, et se creuse vite au large sous un vent qui, après avoir rugi en tempête la veille, affiche encore force 5 à 6. Avec deux personnes à bord et le réservoir à moitié plein, le V-620 reste plutôt léger pour ces conditions, ce que confirme la séquence de prise en main en attaquant les vagues sous des angles variés. Notre V-620 serait plus "facile" avec un peu de poids sur l'avant, ne serait-ce qu'un mouillage complet avec sa chaîne dans le pic avant (alors que pour l'heure, il se trouve dans le sac "sécu" transportable, rangé dans la soute arrière, seul vrai coffre du bord). Bien que ce "nez léger" exige de l'attention lors des sauts de vague, surtout vent debout, on aime la franchise de cette carène rapide et très "passante" qui se joue des embûches de la mer, sur un mode sportif et ludique. Facile à régler, le V-620 est toutefois gourmand de trim, atteignant sa limite de stabilité si on lui lève trop le nez, tandis que la commande de gaz SmartCraft (électrique) s’avère presque trop douce dans cette mer formée. Mais pour peu que l'on opère avec doigté, on tire beaucoup de plaisir de ce bateau, qui délivre des performances flatteuses. |
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À près 40 nœuds au GPS (à 6 000 tr/min.), en survolant les crêtes des vagues, on a tout lieu d'être satisfait ! D'autant plus que le bateau affiche un bon équilibre, en latéral comme en longitudinal, sans éviter quelques "coups de raquette", notamment par mer de travers. Sûr et stable en ligne droite, où il requiert un peu d'attention en tenue de cap à haute vitesse, le V-620 se montre également très accrocheur en virage, adoptant une forte inclinaison quand on réduit le rayon de giration, avec une légère tendance survireuse, assez plaisante, quand on remet les gaz. Seul regret, l'état de la mer ne nous permettra pas d'exploiter toute la puissance du Verado 150, qui peut grimper jusqu'à 6 400 tours, laissant espérer des maxi de 43-45 nœuds par mer belle. On notera d'ailleurs que toutes les performances de notre tableau seront à relever de 1 à 3 nœuds par mer belle. Par égard pour le matériel, nous en resterons là, en constatant, lors du retour au port, que nous n'avons pas pris un seul paquet de mer. Un point de plus à mettre à l'actif du V-620.
Sans aucun doute, le Verado 150 aura la faveur des baroudeurs malgré son poids conséquent (231 kg), mais il ne faut pas pour autant éluder les autres motorisations proposées en package. Le 135, identique au 150, a pour seul atout une économie de 1 000 € à l'achat. En revanche le 115 ch 4-temps allège à la fois le bateau (50 kg de moins que le 135-150 ch) et le budget (3 200 euros de moins que le Verado 150 et aussi moins de consommation). |
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